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Retour sur l’Enduro World Series de la Thuile

C’est à la Thuile, à un col de la frontière française et de Bourg Saint Maurice, dans un cadre magnifique (jugez vous même par les photos !), que se tenait ce week end la quatrième manche des Enduro World Séries.

Le parcours

Quelques mots sur le parcours de cette épreuve : il s’étalait sur les journées de samedi et dimanche 16 et 17 juillet, avec deux journées de reconnaissance jeudi et vendredi.

Chaque jour de course, les riders et rideuses  se départageaient sur trois spéciales particulièrement longues (la plus courte faisait plus de 8 minutes pour la fille la plus rapide !) et engagées. Pour les liaison, un peu de pédalage : 900 m de dénivelé tout de même pour la toute première liaison, et beaucoup de remontées mécaniques.

Outre leur longueur, les spéciales étaient particulièrement raides, techniques et cassantes… Autrement dit, les organismes ont été mis à rude épreuve, avec au total plus d’une heure de chronomètre pour la gagnante. A titre de comparaison, sur les précédentes épreuves de cette année, le chrono total le plus important, pour la rideuse la plus rapide, était de 38 minutes.

Les forces en présence

Il faut également évoquer les rideuses présentes sur l’évènement, et d’abord les grandes absentes :

  • Tracy Moseley, la jeune retraitée qui s’était rappelée à notre souvenir en gagnant la dernière étape en Irlande, et qui comptait revenir ce week end, s’est blessée récemment (côtes cassées notamment)
  • Anneke Beerten, qui vit une saison difficile (seulement cinquième en Argentine et abandon en course en Irlande), ne s’est pas alignée non plus, victime d’une infection bactérienne qui la diminuait fortement
  • Casey Brown, qui avait surpris son monde en finissant deuxième en Argentine. A priori, l’épreuve ne faisait pas partie de son programme cette année. On aurait pourtant aimé la voir faire la saison complète des EWS, étant donné son potentiel énorme. On croise les doigts pour la revoir sur les prochaines manches, plus proches de chez elle !

D’un autre côté, des noms connus des initiés apparaissaient pour la première fois sur la liste des partantes :

  • Miranda Miller, canadienne et descendeuse, comme Casey Brown
  • Mélanie Pugin, qui a un gros palmarès sur les épreuves françaises : elle a déjà gagné la Mégavalanche, le Shimano Epic Enduro…

Enfin, beaucoup moins connue, Andréane Lanthier-Nadeau prenait part à sa première EWS cette saison. Elle a rejoint le team Enduro de Rocky Mountain/Urge cette année (elle faisait précédemment partie de l’équipe XC), dans le but de faire la saison complète des Enduro World Series. Malheureusement blessée au poignet au Chili, avant même le début des chronos de l’enduro, elle avait du renoncer au début de saison. La jeune canadienne, bien que peu connue, ne manque pas de référence : elle avait fini 4ème à Ainsa et 12ème à Finale Ligure, en 2015, lors des deux dernières épreuves de la saison.

Cécile Ravanel domine les débats

La première spéciale commençait de manière inattendue pour Cécile Ravanel : lancée à pleine vitesse, elle percutait Jared Graves (concurrent masculin) qui était à pied au bord de la spéciale ! Plus de peur que de mal suite à cet incident, qui n’aura pas de conséquence pour les deux riders… En particulier, cela n’a pas perturbé la Française, qui gagne haut la main cette première spéciale, avec 18 secondes d’avance sur Isabeau Courdurier.

Collision sur la spéciale 1 ! - Extrait du résumé vidéo de l'EWS

Collision sur la spéciale 1 ! – Extrait du résumé vidéo de l’EWS

La suite du week-end était plutôt « tranquille » pour Cécile : elle remportait largement toutes les spéciales du week end, pour finir avec plus de 2min30s d’avance sur ses poursuivantes,  et accroissait encore son avance au classement général de la saison.

Cécile Ravanel, toujours à fond !

Cécile Ravanel, toujours à fond !

 

Derrière elle, en l’absence d’Anneke Beerten, c’est logiquement Isabeau Courdurier, qui prenait la seconde place, son meilleur résultat sur une épreuve Enduro World Series.

Isabeau Courdurier

Isabeau Courdurier

Quatrième à l’issue de la première journée, la surprenante Andreane Lanthier Nadeau rattrapait petit à petit son retard sur Anita Gehrig lors des spéciales de dimanche, et montait finalement sur la troisième marche du podium de l’épreuve italienne. On espère revoir la canadienne, pour qu’elle confirme ses qualités !

Andreanne Lanthier Nadeau

Andreane Lanthier Nadeau

Isabeau Courdurier (2ème)/Cécile Ravanel (1ère)/Andreanna Lanthier-Nadeau(3ème)

Isabeau Courdurier (2ème)/Cécile Ravanel (1ère)/Andreane Lanthier-Nadeau(3ème)

Anita Gehrig était donc à deux doigts de monter sur son premier podium EWS, mais malheureusement pour elle, c’est encore une médaille en chocolat (un comble pour une Suissesse !!)

Dans la suite du classement, on retrouve Miranda Miller et Mélanie Pugin, qui prouvent qu’elles ont largement le niveau sur ces épreuves, puis Caroline Gehrig, Ines Thoma et Katy Winton.

Cette dernière a peut-être été perturbée par sa pénalité de 30 secondes, récoltée dès la première spéciale, pour être arrivée en retard sur l’horaire prévu à l’arrivée de la liaison. Néanmoins, au final, l’écart sur sa poursuivante était suffisant pour que cela n’impacte pas son classement.

A noter également, l’abandon de Rae Morrison, blessée à l’épaule suite à une grosse chute sur la SP1.

Rae Morrison, avant sa chute

Rae Morrison, avant sa chute

 

L’Analyse de la SP4

Les organisateurs de la course ont mis en ligne le détail des temps pour la SP4 (première spéciale du deuxième jour), obtenus grâce aux GPS portés par les rideuses :

Le profil de la spécial est en gris. On observe, en milieu de spéciale, que la pente s’inverse : il s’agit d’une montée fourbe ! Il est intéressant de voir que, logiquement, les anciennes coureuses de XC Cécile Ravanel et Andréane Lanthier Nadeau performent sur cette partie du tracé. Au contraire, Isabeau Courdurier perd beaucoup de temps et lâche sur ce secteur la deuxième place de la spéciale. Elle est même provisoirement « doublée » par Anita Gehrig (qui semble pourtant avoir raté le début de la spéciale) dans cette portion, avant de reprendre sa troisième place.

Une donnée intéressante, qui confirme qu’Isabeau aurait beaucoup à gagner en améliorant ces capacités sur les parties pédalantes, où elle perd du temps par rapport à certaines de ses concurrentes… On voit bien aussi que la descendeuse Miranda Miller n’est pas dans son élément lorsque la pente s’inverse !!

En observant le graphique de Cécile Ravanel, on voit qu’elle ne perd jamais de temps sur ses concurrentes : elle ne semble pas avoir de point faible. Elle sera donc extrêmement difficile à battre cette saison !

Vite, la suite !

A l’issue de l’épreuve italienne, Cécile Ravanel conserve donc sa première place au classement général, suivie d’Isabeau Courdurier, et de Ines Thoma, plus régulière qu’Anita Gehrig.

Maintenant, pas le temps de souffler : direction Aspen, dans le Colorado (USA) pour la prochaine épreuve, les 30 et 31 juillet.

On espère y retrouver Anneke Beerten, si elle est remise, peut être Casey Brown. Et surtout, on a envie de revoir Anne Caro Chausson, dont l’objectif sera de finir la course, pour son retour à la compétition après un an de repos forcé par la maladie. Elle a participé aux derniers championnats de France (deuxième derrière Cécile Ravanel)…Pourrait-elle réussir à bousculer la hiérarchie en train de s’établir cette saison ??

 

 

 

 

 

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